La tension est montée d’un cran au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo, où une crise de leadership oppose désormais deux camps irréconciliables.
Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa le 25 mars, des membres se réclamant fondateurs du parti ont annoncé la destitution de Modeste Bahati Lukwebo de ses fonctions de président national. Ils ont, dans la foulée, désigné Otto Bahizi Clovis pour assurer l’intérim, avec pour mission d’organiser un congrès en vue d’installer une nouvelle direction.
Les initiateurs de cette démarche justifient leur décision par de graves dysfonctionnements internes. Ils évoquent notamment une gestion jugée opaque, un manque de concertation dans la prise de décisions et une gouvernance qu’ils estiment défaillante.
Mais la riposte de la direction officielle du parti n’a pas tardé. Dans un communiqué distinct, l’AFDC rejette catégoriquement cette destitution, dénonçant une tentative d’usurpation menée par des individus qu’elle accuse de se faire passer abusivement pour membres fondateurs. Le parti affirme que ces prises de parole n’engagent en rien ses structures légitimes et visent plutôt à semer la confusion et à déstabiliser l’organisation.
Plus encore, la direction annonce des poursuites judiciaires imminentes. Son collège d’avocats a été saisi afin d’engager des actions contre les auteurs de ces déclarations, accusés d’atteinte à l’intégrité du parti.
Cette double communication révèle une fracture profonde au sommet de l’AFDC-A. D’un côté, un groupe revendiquant un changement de leadership au nom des principes fondateurs ; de l’autre, une direction en place qui dénonce une manœuvre illégitime.
Alors que la bataille de légitimité s’intensifie, le conflit pourrait rapidement se déplacer sur le terrain judiciaire, avec des conséquences politiques potentiellement majeures pour l’avenir du parti.
Elie NSANA







