La réforme de la fonction publique en République démocratique du Congo prend un tournant décisif. Le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a dénoncé l’existence d’un vaste système de matricules fictifs, révélant des dysfonctionnements profonds au sein de l’administration.
Selon les chiffres officiels, près de 1,4 million d’agents ont été recensés à travers le pays, dont plus de 500 000 ne sont toujours pas mécanisés, échappant ainsi aux circuits formels de gestion. Cette situation a favorisé l’émergence de pratiques irrégulières, avec des agents non authentifiés et des mécanismes parallèles d’attribution de matricules.
Malgré ces anomalies, des avancées notables sont à signaler. Plus de 180 000 agents ont déjà été intégrés dans le système de paie, marquant une première étape dans le processus d’assainissement engagé par les autorités.
Cependant, la réforme se heurte encore à d’importants obstacles. Le manque de moyens techniques et financiers ralentit la mécanisation et la sécurisation de la masse salariale. Par ailleurs, cette initiative, qui vise à démanteler des pratiques ancrées depuis des années, suscite des résistances au sein même de l’appareil administratif.
Pour le gouvernement, l’enjeu est de taille : restaurer la transparence et l’efficacité dans la gestion des ressources humaines de l’État, tout en mettant fin aux dérives qui pèsent lourdement sur les finances publiques.
Elie NSANA






