Religion

CENCO-ECC proposent trois phases pour le dialogue

La CENCO et l’ECC ne s’opposent pas au Dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Dans un document rendu public mardi 1er septembre, les deux principales confessions chrétiennes proposent toutefois une architecture plus inclusive, neutre et consensuelle, articulée autour de trois étapes. 

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) veulent peser sur la manière dont sera conduit le futur Dialogue national en République démocratique du Congo. Les deux organisations religieuses estiment que le processus peut répondre aux objectifs fixés par le chef de l’État, à condition de reposer sur un cadre jugé suffisamment inclusif et crédible.

Dans leur proposition, rendue publique le 1er septembre, le président de la République conserverait la responsabilité de convoquer officiellement les assises. Les parties prenantes, elles, seraient appelées à négocier autour d’une même table, tandis que la CENCO, l’ECC et les autres confessions religieuses pourraient assurer la médiation.

Les deux Églises proposent également la mise en place d’un comité international d’accompagnement, ainsi que d’un secrétariat technique chargé des aspects organisationnels du processus. 

Leur principale proposition concerne la séquence du Dialogue. Plutôt qu’une démarche limitée aux assises nationales, la CENCO et l’ECC défendent un processus en trois temps.

Le pré-dialogue constituerait la première étape. Il aurait pour objectif de restaurer la confiance entre les différents protagonistes et de préparer les conditions politiques nécessaires aux discussions. Les Églises insistent notamment sur des mesures de décrispation destinées à apaiser le climat avant l’ouverture des travaux.

Viendrait ensuite le Dialogue national proprement dit, consacré à la recherche de consensus sur les grandes questions qui concernent la Nation.

Enfin, le post-dialogue devrait permettre d’assurer le suivi et la mise en œuvre des engagements pris au terme des assises. Pour la CENCO et l’ECC, cette dernière phase est essentielle afin que les résolutions adoptées ne restent pas de simples déclarations de principe. 

Les deux confessions religieuses mettent par ailleurs en garde contre un processus qui pourrait être perçu comme trop vertical ou excessivement contrôlé par un seul acteur. Elles accordent ainsi une importance particulière à la composition des organes préparatoires et à la neutralité du mécanisme devant conduire aux discussions. 

Cette position prolonge les démarches engagées depuis plusieurs semaines par la CENCO et l’ECC. Dès juillet, les deux organisations avaient entrepris des consultations avec différents acteurs politiques autour de la question d’un dialogue national inclusif. Elles avaient notamment échangé avec des représentants de l’opposition afin de recueillir leurs préoccupations sur l’inclusivité et les conditions du processus. 

Le président Félix Tshisekedi avait, de son côté, annoncé le 27 août l’organisation d’un Dialogue national consacré notamment à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, avec des consultations prévues dans les 26 provinces. 

La proposition de la CENCO et de l’ECC ne constitue donc pas un rejet du Dialogue présidentiel. Elle cherche plutôt à en modifier l’architecture afin de renforcer, selon les deux confessions, la confiance entre les acteurs et la crédibilité du processus.

La suite dépendra désormais des consultations et des discussions entre la présidence, les forces politiques et sociales ainsi que les confessions religieuses sur les modalités concrètes de mise en œuvre de ce Dialogue national.

Elie NSANA

Elie Nsana

Elie NSANA est un professionnel des médias, chercheur et créateur congolais, engagé à la croisée du journalisme, du cinéma et de la réflexion sociale. Diplômé en Journalisme Politique Extérieure de l’Université de Mbujimayi (2018) et titulaire d’un Master en direction et production de cinéma (2024), il poursuit actuellement un doctorat au sein de l’école doctorale de l’UNISIC (ex-IFASIC), où il approfondit ses travaux de recherche. Directeur général du « Groupe Aigle Médias », un médias en ligne, il met son expertise au service de l’information, de l’innovation éditoriale et du développement de contenus à impact. Son parcours est marqué par des recherches scientifiques sur la perception des espaces scéniques du journal télévisé ainsi que par la réalisation de plusieurs œuvres audiovisuelles, notamment : La dot, Mon ennemi et L’envers du décor, le dernier mandat, etc. À la fois consultant en cinéma et entrepreneur, il développe une vision qui allie création, stratégie et transformation sociale. Également écrivain, il s’intéresse particulièrement aux réalités sociales africaines, avec une attention portée aux parcours de vie souvent marginalisés, entres autres la partition des ouvrages : « Les enfants du pays »; « Lettre à la République », etc. Son engagement personnel, nourri par la foi et le sens du service, guide ses initiatives avec une volonté constante d’apporter un impact positif, tant dans le paysage médiatique que dans la société.

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