RDC : une enquête judiciaire sur les violences du 15 septembre

Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné ce lundi 21 septembre l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les incidents survenus lors des manifestations de la Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), le 15 septembre à Kinshasa et dans d’autres localités de la RDC. Le procureur général près la Cour de cassation a été chargé de conduire les investigations.

Les violences, blessures et interpellations ciblées

Selon le communiqué du ministère de la Justice, l’enquête devra porter sur l’ensemble des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale. Les investigations concerneront notamment les actes de violence, les blessures, les destructions, les allégations de décès ainsi que les interpellations intervenues dans le cadre des manifestations.

L’objectif est d’établir la matérialité des faits, leurs circonstances et, le cas échéant, les responsabilités pénales des personnes impliquées, sur la base des éléments de preuve recueillis conformément à la loi.

Le ministère précise toutefois que l’ouverture de cette procédure ne préjuge pas de son issue. Toute personne interpellée ou mise en cause bénéficie des garanties prévues par la Constitution et les lois de la République, notamment la présomption d’innocence et les droits de la défense.

Des versions divergentes sur le bilan

La marche de la C64, organisée le 15 septembre dans plusieurs villes du pays, avait été marquée à Kinshasa par des affrontements, notamment dans le secteur de Limete. Des blessés et des interpellations avaient été rapportés.

Le bilan des événements demeure cependant controversé. La Police nationale congolaise avait indiqué le soir même n’avoir enregistré aucun décès à Kinshasa, tout en faisant état d’échauffourées et d’un dispositif sécuritaire renforcé.

De son côté, l’opposition a fait état d’un décès et a demandé que les responsabilités soient établies. La CNDH avait également annoncé ses propres investigations après avoir constaté des atteintes aux droits humains lors de la manifestation.

La justice appelée à établir les faits

L’ouverture de cette enquête intervient ainsi alors que plusieurs récits s’opposent encore sur le déroulement exact des incidents et leurs conséquences.

Les investigations confiées au parquet devront désormais permettre de départager les différentes versions à partir d’éléments vérifiables et de déterminer, s’il y a lieu, les responsabilités individuelles conformément à la procédure judiciaire.

Les conclusions de l’enquête seront particulièrement attendues, dans un climat politique déjà marqué par de fortes divergences entre le pouvoir et l’opposition autour des réformes institutionnelles, du référendum et du dialogue national.

Elie NSANA

Elie Nsana

Elie NSANA est journaliste, chercheur scientifique, acteur-cinéaste, réalisateur et entrepreneur culturel congolais. Diplômé en Journalisme Politique Extérieur de l’Université de Mbujimayi (2018) et titulaire d’un Master en direction et production cinématographiques (2024), il poursuit actuellement un doctorat à l’École doctorale de l’UNISIC (ex-IFASIC). Directeur général du « Groupe Aigle Médias », il œuvre pour l’innovation éditoriale et le développement de contenus à impact. Réalisateur de plusieurs œuvres audiovisuelles, dont « La Dot »,  « Mon ennemi », « L’Envers du décor » et « l’Efficacité de la prière », Etc. Il est également auteur de plusieurs ouvrages, notamment « Les Enfants du pays » et « Lettre à la République ». Son parcours se distingue par une approche qui conjugue médias, recherche scientifique et création artistique, avec un intérêt particulier pour les réalités sociales africaines et les enjeux de transformation de la société.

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