Les Nations unies saluent l’initiative de dialogue national annoncée par le président Félix Tshisekedi, tout en appelant à un processus inclusif, crédible et fondé sur la confiance. Pour l’ONU, la participation de toutes les parties prenantes, la neutralité des facilitateurs et la préservation de l’espace civique constituent des éléments essentiels à la réussite du processus.
Le message des Nations unies est clair : le futur dialogue national en République démocratique du Congo devra réunir les différents acteurs concernés et s’appuyer sur des garanties susceptibles de renforcer la confiance.
James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, a rappelé les principes que les Nations unies considèrent comme importants pour donner au processus une véritable crédibilité.
L’inclusivité au centre du processus
Premier principe avancé : l’inclusivité. Pour l’ONU, un dialogue appelé à contribuer à la recherche d’un consensus national doit permettre aux différentes parties prenantes de prendre part aux discussions.
Cette approche s’inscrit dans la ligne des positions déjà exprimées par James Swan depuis sa prise de fonctions. En juin, devant le Conseil de sécurité, il avait notamment estimé que la crise congolaise ne pouvait pas être réglée uniquement par des moyens militaires et avait insisté sur la nécessité du dialogue et de l’engagement régional.
L’enjeu sera donc de déterminer les modalités concrètes de cette participation et les acteurs appelés à prendre place autour de la table.
Des facilitateurs acceptés par tous
Autre condition mise en avant : la désignation de facilitateurs neutres et acceptés par l’ensemble des parties.
Pour les Nations unies, la crédibilité d’une médiation dépend notamment de la confiance que les protagonistes peuvent accorder à ceux qui conduisent ou accompagnent les discussions. Le choix des facilitateurs pourrait ainsi constituer l’un des points sensibles de la préparation du dialogue.
Libertés publiques et espace civique
L’ONU insiste également sur la nécessité de préserver les libertés publiques et l’espace civique pendant le processus.
La liberté d’expression, de réunion et d’association constitue un élément important de la participation politique. Dans ses prises de position sur la situation congolaise, l’Organisation des Nations unies a régulièrement souligné l’importance d’un espace politique et civique ouvert et inclusif.
Cette question intervient alors que le débat politique congolais reste marqué par de profondes divergences sur les modalités et les acteurs d’un éventuel dialogue national.
La bonne foi comme condition de réussite
Enfin, James Swan met l’accent sur la bonne foi des participants et leur volonté de rechercher un compromis.
L’objectif affiché n’est donc pas seulement de réunir les protagonistes autour d’une même table, mais de créer les conditions permettant des discussions susceptibles d’aboutir à des résultats acceptés par les différentes parties.
La MONUSCO a par ailleurs continué, ces derniers jours, à mettre en avant la nécessité du dialogue et de solutions politiques à la crise congolaise. Le 24 septembre, lors d’une visite à Beni, James Swan a notamment réaffirmé l’engagement de la mission en faveur de la protection des civils face à la dégradation de la situation sécuritaire.
La prochaine étape sera désormais de voir comment les autorités congolaises traduiront ces principes dans l’organisation concrète du dialogue national : participants, facilitation, garanties politiques et cadre des discussions. Pour l’ONU, sa crédibilité dépendra avant tout de la confiance que le processus parviendra à susciter auprès de l’ensemble des acteurs congolais.
Elie NSANA






