La République démocratique du Congo et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans la coordination du projet hydroélectrique Grand Inga, à l’issue d’une réunion tenue le 26 octobre 2026 à Paris. Kinshasa affiche désormais sa volonté de passer de la préparation à la réalisation de cette infrastructure stratégique, présentée comme un levier d’indépendance énergétique, d’industrialisation et de création d’emplois.
« L’heure est de passer à la réalisation du projet. » Cette déclaration du président Félix Tshisekedi résume l’orientation affichée par les autorités congolaises autour du projet Grand Inga. La réunion organisée à Paris, lundi 26 octobre, a rassemblé plusieurs responsables congolais chargés des secteurs économiques, financiers et énergétiques, ainsi que les ambassadeurs de la RDC accrédités aux États-Unis et en France.
Parmi les participants figuraient le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, ainsi que le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba.
Grand Inga, un enjeu énergétique majeur
Le projet Grand Inga occupe une place centrale dans les ambitions énergétiques de la RDC. Implanté sur le fleuve Congo, dans la province du Kongo Central, le complexe hydroélectrique est destiné à accroître considérablement les capacités de production électrique du pays.
Pour les autorités congolaises, cette infrastructure pourrait contribuer à réduire le déficit énergétique, soutenir le développement industriel et améliorer l’accès à l’électricité. Son potentiel dépasse les frontières nationales, avec la perspective d’alimenter d’autres marchés africains en énergie.
Toutefois, la concrétisation de ces ambitions dépend de plusieurs facteurs : le financement, les choix techniques, la gouvernance du projet, les infrastructures de transport de l’électricité et la coordination entre les partenaires concernés.
Une coordination renforcée avec Washington
La rencontre de Paris met l’accent sur la coordination et la gouvernance du projet entre Kinshasa et Washington. La participation de plusieurs ministres sectoriels et du responsable de la SNEL souligne la dimension transversale du dossier, qui mobilise à la fois les politiques énergétique, économique et financière.
Les informations communiquées ne précisent cependant ni les décisions formellement adoptées lors de cette réunion, ni les engagements financiers éventuellement pris par les États-Unis. Aucun calendrier détaillé de lancement des travaux n’a non plus été rendu public dans les éléments disponibles.
Il convient donc de distinguer la volonté politique affichée de passer à la réalisation des avancées opérationnelles qui restent à documenter.
Le défi de la concrétisation
Depuis plusieurs décennies, Grand Inga est présenté comme un projet capable de transformer le paysage énergétique congolais. Mais l’ampleur des investissements et la complexité de sa mise en œuvre ont longtemps constitué des obstacles à sa concrétisation.
La réunion du 26 octobre marque, selon les autorités, une nouvelle étape dans les efforts de coordination. Le véritable enjeu sera désormais de traduire cette dynamique en décisions vérifiables, notamment sur le financement, la gouvernance, le calendrier et les responsabilités des différents partenaires.
Pour la RDC, l’objectif affiché est clair : faire du potentiel hydroélectrique du fleuve Congo un moteur de développement économique. La prochaine étape sera de préciser comment et quand cette ambition pourra se matérialiser.
Elie NSANA







