Kabila dénonce la révision de la Constitution comme dangereuse

Dans une interview accordée à la Libre, l’ex-président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a exprimé ses vives préoccupations concernant les récentes propositions de révision constitutionnelle en cours à Kinshasa. Selon lui, la Constitution actuelle est pratiquement inexistante et a été ignorée depuis 2019. Ce discours soulève des interrogations sur la légitimité et l’objectif réel de la révision proposée.

« Quelle Constitution ? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019 », a déclaré Joseph Kabila, ajoutant que la révision constitutionnelle envisagée n’était qu’un prétexte pour mettre en place une nouvelle Constitution. L’ancien président estime que l’actuelle révision ne vise pas à améliorer le cadre légal du pays, mais plutôt à instaurer une nouvelle structure juridique qui répondrait aux intérêts du pouvoir en place.

Kabila a averti que ce processus de « tripatouillage » de la Constitution pourrait avoir des conséquences graves pour la stabilité du pays. Pour lui, ces manœuvres sont « extrêmement dangereuses », en raison de leur potentiel à créer une incertitude juridique et institutionnelle. L’ancien président appelle à une prise de conscience collective pour éviter que des changements législatifs ne soient faits à la hâte et sans un véritable consensus national.

L’intervention de Kabila intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des discussions sur le renouvellement des institutions et des réformes politiques. Les réformes constitutionnelles sont perçues par certains observateurs comme un moyen pour le président actuel, Félix Tshisekedi, de renforcer son pouvoir et d’amender des articles clés de la Constitution, notamment ceux relatifs aux mandats présidentiels et à la répartition des pouvoirs.

L’ancien chef de l’État ne se contente pas de critiquer la révision. Il soulève également la question de la gouvernance actuelle, pointant du doigt l’absence d’une véritable volonté de dialogue politique et de concertation. Selon lui, l’absence de compromis politique entre les différentes forces en présence complique la mise en place de réformes profondes et nécessaires pour le pays.

Pour conclure, Kabila met en garde contre une « révision constitutionnelle précipitée » et appelle à un large débat national impliquant toutes les forces vives du pays. Il estime que seul un consensus véritable, prenant en compte la diversité des opinions politiques et sociales, pourra permettre à la RDC de sortir de l’impasse actuelle et de retrouver un cadre législatif et démocratique stable.

Elie NSANA

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