Au Cameroun, une réforme institutionnelle majeure est actuellement à l’étude. Le Parlement examine un projet d’amendement constitutionnel visant à rétablir le poste de vice-président, supprimé depuis 1972.
Cette initiative intervient dans un contexte particulier, marqué par la longévité au pouvoir du président Paul Biya, en fonction depuis plus de quatre décennies et aujourd’hui âgé de près de 94 ans. Le projet suscite ainsi de nombreuses interrogations sur ses implications politiques et institutionnelles.
Selon les termes envisagés, le vice-président serait nommé et non élu. Il aurait pour mission principale d’assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir, notamment en cas de décès, de démission ou d’incapacité permanente du chef de l’État. Toutefois, ses prérogatives seraient strictement encadrées : il ne pourrait ni modifier la Constitution ni se présenter à l’élection présidentielle suivante.
Pour les partisans de cette réforme, il s’agit d’un mécanisme de stabilité visant à éviter toute crise institutionnelle en cas de transition imprévue. En revanche, ses détracteurs y voient une manœuvre politique susceptible d’influencer la succession au sommet de l’État.
Le débat s’annonce animé au sein de l’opinion publique comme dans les cercles politiques, alors que le pays s’interroge sur l’avenir de sa gouvernance.
Elie NSANA







