Félix Tshisekedi estime que Paul Kagame a consacré trois décennies à ternir l’image de la République démocratique du Congo sur la scène internationale et à fragiliser ses institutions. S’adressant aux élus de l’Union Sacrée, le président congolais a affirmé avoir inversé cette dynamique et rendu le pillage des ressources naturelles du pays plus difficile.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a vivement critiqué la stratégie régionale de son homologue rwandais, Paul Kagame. Selon lui, Kigali aurait pris une avance de trente ans sur Kinshasa en menant un travail de dénigrement de la RDC auprès des capitales étrangères, au détriment de la crédibilité du pays et de ses institutions.
Dans son intervention devant les députés et sénateurs de l’Union sacrée de la Nation (USN), le chef de l’État a soutenu que cette stratégie avait contribué à affaiblir la position de la RDC sur la scène internationale.
Tshisekedi affirme avoir inversé la tendance
Félix Tshisekedi assure que son action diplomatique a permis de contrer cette dynamique. Il estime que la RDC est désormais mieux placée pour défendre ses intérêts et faire entendre sa position auprès de ses partenaires internationaux.
Le président n’a toutefois pas détaillé, dans les propos rapportés, les indicateurs permettant de mesurer cette évolution ni les initiatives précises auxquelles il attribue ces changements.
Cette déclaration traduit la volonté affichée par Kinshasa de renforcer son influence diplomatique face à Kigali, alors que les relations entre les deux pays restent marquées par de profondes tensions autour du conflit dans l’est de la RDC.
Les ressources naturelles au cœur des accusations
Le chef de l’État a également affirmé que le pillage des ressources naturelles congolaises était devenu plus difficile. Cette déclaration renvoie aux accusations récurrentes des autorités de Kinshasa contre le Rwanda, qu’elles accusent de soutenir des groupes armés opérant dans l’Est et de tirer profit de l’exploitation illégale des ressources du territoire congolais.
Ces accusations s’inscrivent dans un conflit régional aux dimensions militaires, économiques et diplomatiques. Elles doivent néanmoins être distinguées des éléments établis indépendamment, notamment lorsqu’il s’agit d’évaluer l’ampleur du trafic de minerais ou les effets concrets des mesures prises par le gouvernement congolais.
Félix Tshisekedi n’a pas précisé les données permettant de quantifier la baisse éventuelle de ces activités ni les mécanismes qui auraient rendu leur poursuite plus difficile.
Un bras de fer diplomatique toujours central
À travers ces déclarations, le président congolais place la bataille diplomatique et la défense des ressources nationales au cœur de sa réponse aux tensions avec le Rwanda. Son discours met en avant la nécessité, pour Kinshasa, de restaurer la crédibilité internationale du pays et de mieux protéger ses intérêts économiques.
L’enjeu reste désormais de traduire ces assurances en résultats mesurables, tant sur le plan diplomatique que dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Les déclarations présidentielles exposent la position de Kinshasa, mais leur portée devra être appréciée à l’aune des évolutions concrètes sur le terrain et dans les relations entre les deux pays.
Elie NSANA






